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L'administration fiscale a publié son rapport d'activité 2025 ainsi que son cahier statistiques pour l'année 2025. L’utilisation de l’intelligence artificielle pour la programmation des contrôles fiscaux des particuliers est désormais alignée sur celle des entreprises avec pour objectif d’atteindre 50 % de la programmation totale. En 2024, l’intelligence artificielle a participé au ciblage de 56 % des contrôles fiscaux des professionnels.
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Par Caroline Martin-Forissier, avocat fiscaliste
Associée du cabinet Rift Avocats Paris
Le contrôle fiscal entre dans une nouvelle ère avec l’intelligence artificielle. Les algorithmes permettent désormais d’analyser des volumes massifs de données afin de détecter plus rapidement incohérences et fraudes potentielles, rendant les contrôles plus ciblés et plus efficaces. Si l’IA accroît la performance de l’administration et réduit les coûts, elle soulève aussi des enjeux majeurs de transparence, de respect de la vie privée et d’égalité de traitement entre contribuables. Son utilisation doit donc rester strictement encadrée afin de concilier efficacité de la lutte contre la fraude et garanties fondamentales des droits du contribuable.
L'administration fiscale fait état du recours à l'intelligence artificielle dans son rapport annuel d'activité pour 2024.
Cette pratique n'est pas nouvelle. Depuis 2013, l'administration fiscale s'emploie à développer des modèles statistiques de ciblage de la fraude en recoupant les informations contenues dans diverses bases de données, notamment dans le cadre du projet Ciblage de la Fraude et Valorisation des Requêtes (CFVR). Ce projet a pour objectif l'amélioration de l'efficacité des opérations de contrôle fiscal notamment au moyen du machine learning, composante de l'intelligence artificielle ayant pour fonction de permettre l'élaboration et le perfectionnement d'algorithmes capables d'identifier des tendances récurrentes en présence d'une masse de données. Cette technique permettrait d'identifier des contribuables présentant un risque de fraude plus important, pour un meilleur ciblage des contrôles.
Si l'administration est peu diserte sur les méthodes employées et l'évaluation de l'efficacité du ciblage proposé par ses algorithmes, elle met en avant l'efficacité du recours à l'intelligence artificielle en matière d'analyse des photographies aériennes de l'IGN (Institut national de l’information géographique et forestière), laquelle aurait permis l'identification de 140 000 piscines taxables non déclarées en 2023, représentant une recette de taxe foncière supplémentaire de 40 millions d'euros. Le recours à cette technologie sera d'ailleurs généralisé à l'ensemble du territoire.
Les sanctions encourues sont naturellement fiscales mais peuvent également être pénales.
Sur le plan fiscal, les sanctions fiscales prennent la forme de majorations, outre le paiement des droits dus avec intérêts de retard, allant de 40% en cas de mauvaise foi à 80% en cas d'abus de droit ou de manoeuvres frauduleuses.
Sur le plan pénal et hors circonstances aggravantes, la fraude fiscale est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 500 000 € d’amende, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de la fraude.
S'agissant des circonstances aggravantes, les peines peuvent être portées à 7 ans d'emprisonnement et à 3 000 000 € d’amende, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de l'infraction, lorsque les faits ont été commis en bande organisée, ou lorsque les faits ont été réalisés ou facilités au moyen :
De comptes ouverts ou de contrats souscrits auprès d'organismes établis à l'étranger ;
De l'interposition de personnes physiques ou morales ou de tout organisme, fiducie ou institution comparable établis à l'étranger ;
De l'usage d'une fausse identité, de faux documents ou de toute autre falsification ;
D'une domiciliation fiscale fictive ou artificielle à l'étranger ;
D'un acte fictif ou artificiel ou de l'interposition d'une entité fictive ou artificielle.
Lorsqu’une des aggravations susmentionnées est retenue, le prononcé des peines complémentaires d'interdiction des droits civiques, civils et de famille est obligatoire, sauf décision spécialement motivée prise par les juges en considération des circonstances de l'infraction et de la personnalité de son auteur.
Le name and shame est également de rigueur puisque, sauf décision spécialement motivée, la juridiction ordonne l'affichage de la décision prononcée et la diffusion de celle-ci aux frais de la personne condamnée.
Pour plus de précision sur l'infraction de fraude fiscale, consultez notre article >>> Fraude fiscale ❘ Rift Avocats Paris
Les statistiques produites par l'administration fiscale témoignent de la dynamique de pénalisation grandissante des poursuites fiscales.
Ainsi, d'après son cahier statistiques pour 2024, le nombre de dossiers transmis à l'autorité judiciaire par l'administration fiscale atteint 2 176 en 2024, en hausse de +15% par rapport à 2023. La part des opérations répressives représente 33,3% du total du contrôle sur place, en constante augmentation depuis plusieurs années (+10% par rapport à 2022). La part de dénonciations automatiques au parquet a quant à lui augmenté de 17% par rapport à 2022.
Sur les conditions de dénonciation automatique au parquet en cas de fraude fiscale, consultez notre article >>> Fraude fiscale et procédure pénale ❘ Rift Avocats Paris
Le nombre de plaintes transmises au parquet pour escroquerie est stable par rapport à l'année précédente, où il avait bondi de +46,7% par rapport à 2022, à relativiser toutefois au regard des 212 dossiers transmis en 2020, et de la moyenne de 145 dossiers transmis tous les ans sur la période 2015-2020.
Enfin, le nombre de CRPC (comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité) relatives à la fraude fiscale est de nouveau en hausse par rapport à 2023 (+26%).
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Régularisation spontanée de votre situation fiscale
Demande de renseignements reçue de la part de l'administration fiscale
Contrôle fiscal
Contentieux fiscal (échanges avec l'administration et procédures devant le tribunal administratif ou judiciaire)
Audition libre ou garde à vue relatives à des infractions fiscales (à l'initiative du fisc ou des douanes, au SEJF ou encore à la BNRDF)
Information judiciaire, interrogatoires de première comparution devant le juge d'instruction
Procédures et négociations avec le parquet et le Parquet National Financier (CRPC/CJIP)
Procédures au Parquet européen
Procès correctionnels
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Caroline Martin-Forissier, avocate en droit des affaires et fiscalité
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